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En cette mi-juillet, soit un an après l'avoir laissé, je retrouve avec plaisir le chemin de Stevenson. Je me remémore ainsi l'incroyable périple de l'écrivain écossais qui s'aventurait en septembre 1878 en terres camisardes, accompagné de son ânesse Modestine. Pour l'occasion, j'ai troqué la charmante compagnie d'un animal contre celle tout aussi conviviale de 80 coureurs environ - c'est moins dépaysant - et d'une bonne vingtaine de bénévoles. Y figure notamment Stéphane, ami tourangeaux, qui se joint à l'aventure. Cette année, Fred l'organisateur nous propose un parcours "inversé", c'est-à-dire du sud vers le nord, avec quelques variantes par rapport au GR70 originel. Personnellement ça me va bien, je trouve intéressant d'arpenter les chemins en ne prenant pas le sens usuel, ça permet de croiser tous les randonneurs et d'approcher les choses différemment.

Vendredi 11 juillet

Le vendredi est une journée d'"approche". Arriver au Monastier-sur-Gazeille, prendre l'autocar qui mène à Florac après trois heures sur les petites routes sinueuses, installer le camp de base dans le gymnase, couche et affaires. C'est un peu long mais ça permet de faire une transition douce pour aborder ces trois jours. Voici bientôt l'heure de l'apéritif et du repas - blanquette-pâtes - pour retrouver quelques visages (Jean-Marie, Martine, Christophe, Sébastien, Sylvain...) et faire connaissance avec le groupe. Fred anime un briefing histoire de faire monter la pression - toujours positive - et de nous expliquer à quelle sauce nous serons mangés. Coucher pas trop tard sur un matelas épais d'un centimètre et large de cinquante, il va falloir s'y habituer...

Le camp de base à FloracLe camp de base à FloracLe camp de base à Florac

Le camp de base à Florac

Samedi 12 juillet

Samedi lever matinal pour le petit déjeuner à 3h45, navette à 4h30 et départ de St-Jean-du-Gard à 6h30. L'ambiance est studieuse mais bon enfant, je papote avec le sympathique Samuel pendant le trajet. Le départ est donné à l'ancienne, au sifflet, c'est old school et ça change du sempiternel Era désormais répandu dans pas mal de courses, talonné de près par le 1492 de Vangelis. La météo est excellente aujourd'hui, je démarre tranquillement jusqu'au col de St-Pierre avec son terrain cassant, prudence. J'enchaine ensuite sur une descente ludique en mode plein gaz. Accompagné d'Hugo et François, je rejoins St-Germain-de-Calberte sans trop de difficulté, et aborde la principale difficulté de la journée pour 500 m de dénivelé positif. Tout va bien dans la forte pente, où Sylvain me double avec son rythme de marcheur aguerri, mais sur le faux plat montant du sommet, impossible de relancer. Je marche donc là où Guillaume et Samuel me passent à petites foulées et parviens tant bien que mal à Barre-des-Cévennes. Au ravitaillement je retrouve avec surprise Sylvain, qui comme moi n'est plus très frais, et nous finirons l'étape de concert en papotant agréablement, 55 km en 7h11 (10 ème au général).

St-Germain-de-Calberte, le col de St-Pierre et les hauteurs de FloracSt-Germain-de-Calberte, le col de St-Pierre et les hauteurs de FloracSt-Germain-de-Calberte, le col de St-Pierre et les hauteurs de Florac

St-Germain-de-Calberte, le col de St-Pierre et les hauteurs de Florac

Douche, massages, grignotage rapide (farandole de pâtes... fameuse, on ne peut pas passer à côté) et flânerie dans les rues de Florac. Agréable journée qu'il convient de terminer tôt car demain c'est le gros morceau, 90 km et le mont Lozère. Menu du soir : poulet-riz, ça change des pâtes mais nous y reviendrons plus tard. C'est la première fois que je dors dans des cages de handball, et je dois dire que ce lit à baldaquin n'est pas si inconfortable.

Dimanche 13 juillet

La grasse matinée du dimanche, on oublie ! Petit déj' à 2h45, navette à 3h30 et départ du Pont-de-Monvert à 4h30 à la frontale. C'est très matinal et la fatigue du manque de sommeil s'ajoute à celle de l'effort. On attaque direct dans la pente du mont Lozère, qui finalement se gravit plutôt bien avec quelques relances possibles ou du moins de quoi marcher à bon rythme. Le soleil se lève, l'ultime kilomètre est plus technique et l'ambiance au sommet est véritablement écossaise : bruyère, brouillard, vent et bruine légère. Attention à l'orientation. Avec un petit groupe où figurent Olivia, Simon et Sylvain, nous basculons dans la descente et là c'est tout schuss jusqu'au Bleymard, très plaisant. Je suis alors seul pour les 30 prochains kilomètres, c'est aussi ça le trail, la beauté des grands espaces. A l'assaut du Goulet, j'enjambe le Lot qui n'est ici qu'un ruisselet, franchis les Alpiers et le village abandonné de Serreméjean, puis ajuste ma foulée de marche à la longue et régulière ascension. Au somment un peu de bitume avant de retrouver le chemin, sous-bois bucolique qui mène à l'Estampe, Mirandol, puis Chasseradès. Je retrouve des visages familiers, Karine, Bernard et Romain m'encouragent dans ce village qui me tient à coeur puisque j'y ai passé tous mes étés d'enfant et d'adolescent. Les Quatre Chemins - lieu-dit dont ce blog tire son nom - c'est ici ... et j'y passe ! Ca me rebooste, maintenant la Gardille, La Bastide et une longue ligne droite de bitume pour arriver à Luc où l'ami Guillaume prend le large. Il fait bien chaud à présent. Pour la fin de l'étape, la casse est au rendez-vous, les kilomètres ont raison de certains contraints d'abandonner, d'autres sont réduits à marcher. Pour ma part tout roule, je suis dans mon rythme d'ultra, doucement mais sûrement. Je rejoins Guillaume dont le genou commence à défaillir, et nous finirons l'étape ensemble. Le trail c'est aussi la solidarité. 86 km en 11h39 (8ème au général).

Du Pont-de-Montvert à Langogne, via le mont Lozère, l'Estampe et le lac de LauradouDu Pont-de-Montvert à Langogne, via le mont Lozère, l'Estampe et le lac de LauradouDu Pont-de-Montvert à Langogne, via le mont Lozère, l'Estampe et le lac de Lauradou
Du Pont-de-Montvert à Langogne, via le mont Lozère, l'Estampe et le lac de LauradouDu Pont-de-Montvert à Langogne, via le mont Lozère, l'Estampe et le lac de LauradouDu Pont-de-Montvert à Langogne, via le mont Lozère, l'Estampe et le lac de Lauradou

Du Pont-de-Montvert à Langogne, via le mont Lozère, l'Estampe et le lac de Lauradou

Au menu d'après course ? Pâtes ! Et une heure après pour la formule du soir ? Re-pâtes. C'est une farandole, une valse à mille temps, un vrai feu d'artifice en préambule au 14 juillet. D'aucuns diront qu'ils ont mal aux pâtes après ça ! Nuit plutôt bonne sur un matelas de saut en hauteur déniché dans le gymnase, et toujours le baldaquin des cages de handball, c'est le grand luxe. Il paraît même qu'il y a une finale de coupe du monde de football ce soir... On verra ça demain, pour l'instant dormons.

Lundi 14 juillet
Mes jambes, ô mes jambes, êtes-vous là ? Le chemin va me le dire. Contrairement à l'ambiance quasi-religieuse d'hier matin où on entrait dans le dur, à Ussel c'est très festif au son des accordéons. Le départ est rapide au regard de mes possibilités, mais ça ne se présente pas trop mal. Aujourd'hui on lâche les chevaux. Je fais même un kilomètre en 4min32s, un truc incroyable ! Chateau d'Arlempdes, franchissement de la Loire, plateaux volcaniques, c'est roulant, c'est beau, c'est le finish. Déjà. 24 km en 2h39 et 7ème au général. Gé-nial !

Voilà, c'est finiVoilà, c'est finiVoilà, c'est fini

Voilà, c'est fini

Après le repas d'arrivée (pâtes !) et celui plus officiel avec une truffade, c'est la remise des prix. Et déjà l'heure des "au revoir", celle où on a envie de prolonger ce beau moment sportif certes, mais aussi et surtout humain. Car passer trois jours avec le même groupe, ça soude des amitiés. Qui remercier ? Fred, Titine, Isa, Jean-Marie, Karine, Etienne, et tous les autres bénévoles que je ne pourrai citer. Du côté des coureurs ? Stéph (bravo au breton finisher), re-Karine (pour tout le suivi discret et efficace), Sylvain (pour les discussions riches et les envies de fromage), Guillaume (pour les souffrances partagées), Philippe (reconverti en bénévole d'exception après son abandon), Christophe (pour son talent et son superbe sac de couchage patchwork), Samuel (parce qu'il a tout donné sur la deuxième étape), Olivia et Simon (raiders tourangeaux bien sympathiques), Anne et Roland (re-tourangeaux remarquables sur le GTS225), Guylaine et Jose-Luis (bel anniversaire en ce 14 juillet), Florian (jeune trailer clermontois prometteur), Hugo (qui enchaîne les grosses compétitions)... et vous tous que j'oublie de nommer mais qui vous reconnaitrez. MER-CI

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