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L'énigmatique massif du Morvan, au coeur de la Bourgogne, m'est totalement inconnu. L'existence de monts et de lacs titillant ma curiosité naturelle, c'est sûrement pour cela que je choisis d'y trainer mes guêtres et de m'y aérer les neurones pendant deux jours.

Jour 0 : gagner Vézelay (pas une mince affaire !)

Vézelay n'est pas un modèle de desserte via les transports en commun, peu de chance d'y venir par hasard. C'est une succession heureuse de covoiturages qui me conduit à ce point de départ vendredi soir. Ici, celui qui marche a tout pour être heureux puisque débutent la Via Lemovicensis vers Saint-Jacques-de-Compostelle et le chemin d'Assise menant en Italie. Y passent aussi le GR13 et le GR654. Bref un endroit où marche et spiritualité vont de pair (ça ne fait pas de mal). Le lieu est régi par les Fraternités Monastiques de Jérusalem, à la fois soeurs et frères, qui m'hébergent avant le départ.

Traversée du Morvan 113 kmTraversée du Morvan 113 kmTraversée du Morvan 113 km

Jour 1 : Vézelay - Ouroux-en-Morvan / 62 km

Je ne résiste pas ce matin à assister aux Laudes dans la chapelle attenante à la basilique Sainte-Madeleine. Un chouette moment de recueillement qui met bien dans l'ambiance du chemin. Départ à 8h45, c'est un peu tard mais le jeu en vaut la chandelle. Les premiers kilomètres sont roulants et sans grande difficulté, je joue à saute-moutons au-dessus des collines pour gagner les clochers que j'ai en point de mire : Saint-Père, Foissy-lès-Vézelay, puis Pierre-Perthuis. Je rejoins la Cure - rivière traversant le Morvan et alimentant plusieurs grands lacs - que je remonte par un agréable monotrace perdu dans les feuilles mortes. Soleil d'automne, tons bruns et oranges, le tableau est bucolique à souhait ! Peu après Saint-André-en-Morvan, je traverse le lac du Crescent en saluant quelques pêcheurs de carpe et remonte jusqu'à Marigny-l'Eglise au km 32.

La suite dans les collines est sympathique mais les nombreux passages boueux dans les ornières sont fatigants. Je croise un groupe de chasseurs en action en ne manquant pas de me signaler (le gars qui hurle dans les bois du Morvan, c'est moi !). Voici peu après le lac de Chaumençon. Je suis bien fatigué et je fais une courte halte à Brassy où ô  miracle une épicerie est ouverte ! Je dois dire que bon nombre de maisons et de commerces ont volets clos, il faut partir en quasi-autonomie pour ne pas être pris au dépourvu. La montée finale vers Ouroux-en-Morvan est longue et régulière, je force un peu pour arriver avant la nuit. Je franchis finalement le panneau à 17h04, ouf pas la peine de sortir ma frontale.

Je suis seul au gite du village mais, après une douche bien chaude et quelques provisions à l'épicerie, je trouve de la compagnie au Bar de l'Eglise autour d'une bière, puis au Café des Sports pour un repas gastronomique concocté par John.

Traversée du Morvan 113 kmTraversée du Morvan 113 kmTraversée du Morvan 113 km
Traversée du Morvan 113 kmTraversée du Morvan 113 kmTraversée du Morvan 113 km
Traversée du Morvan 113 kmTraversée du Morvan 113 kmTraversée du Morvan 113 km

Jour 2 : Ouroux-en-Morvan - Château-Chinon / 51 km

Une bonne nuit de sommeil efface la fatigue. C'est reparti dès le lever du soleil, avec quelques hésitations matinale dans l'orientation. Je tire finalement plein Est sans trop me poser de questions. Je traverse les jolies forêts de feuillus du maquis Bernard, ce tapis orange en faux plat montant me mène dans un endroit estomaquant : un cimetière où sont enterrés sept aviateurs de la Royal Air Force et vingt-et-un résistants de la seconde guerre. La force muette et immense qui se dégage du lieu me rappelle la chance que nous avons de vivre dans un monde de paix.

Je ne tarde pas à sortir des arbres pour gagner en quelques kilomètres le lacs des Settons. Quelques joggers s'apprêtent à partir, nous discutons un instant (ils me demandent avec amusement si je ne suis pas le traileur du journal local). Un quart de tour de lac plus tard, je remonte... la Cure - toujours - et le sol devient une vraie mare par endroits. Ma progression se fait à tâtons : humidité,
ornières générées par les camions forestiers, franchissement de rivières, c'est parfois périlleux mais ça passe au gré de généreux détours ! Mine de rien je crapahute à 700 m d'altitude et le changement est là : les vallées se font profondes, les forêts de résineux remplacent les feuillus, les tapis de mousse d'un vert éclatant laisse poindre des champignons.

Pour éviter Anost et me rendre directement à Athez puis à Bussy et Corcelles, je fais du hors-piste et l'intuition paye. Au pied d'une descente ludique, une promeneuse m'indique le chemin. Un peu de bitume, l'ascension régulière me mène à Arleuf au km 42 (ici passe la départementale, niveau traffic j'ai l'impression d'être sur les Champs-Elysées !). Il n'y a plus qu'à dérouler jusqu'à Château-Chinon pour quitter le massif par l'Ouest. Bye bye forêts, monts et vaux du Morvan.

Traversée du Morvan 113 kmTraversée du Morvan 113 kmTraversée du Morvan 113 km
Traversée du Morvan 113 kmTraversée du Morvan 113 kmTraversée du Morvan 113 km
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L'heure du bilan

D'adrets en ubacs, le massif du Morvan vaut le détour pour une belle balade très nature. Météo clémente, luminosité hivernale, solitude et grand air, j'ai trouvé dans ce coin de Bourgogne ce dont j'avais besoin. J'ai serpenté entre Yonne (89), Saône-et-Loire (71) et Nièvre (58) loin des grands axes.

Le saviez-vous ? ... Pour la petite histoire, en France un sapin de Noël sur six a grandi dans le Morvan.

Traversée du Morvan 113 kmTraversée du Morvan 113 km

Le bonheur est dans le pré.
Cours-y vite, cours-y vite.
Le bonheur est dans le pré.
Cours-y vite. Il va filer.

Paul Fort

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