Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Si courir en Bretagne est un projet que j'avais en tête depuis un moment, cette première édition de l'Ultra des Côtes d'Armor le concrétise. A l'évidence, il s'agit d'un trail roulant au profil rassurant. C'est aussi pour cela que je suis là : la diffculté aujourd'hui n'est pas le dénivelé en lui-même, mais l'aptitude à courir sur la longueur, à relancer souvent, bref à tenir le tempo.

Je saisis une opportunité de dernière minute pour rejoindre en mode covoiturage un groupe de joyeux lurons ligériens. Une bonne soirée studieuse à Lannion, mais avec tout-de-même ce qu'il faut pour préparer les trailers : bière, pâtes à gogo et bonne humeur. Nous admirons le buff collector reçu en dotation de départ, une représentation chatoyante du phare de Men Ruz à Ploumanac'h.

Ultra Trail des Côtes d'Armor 80 kmUltra Trail des Côtes d'Armor 80 kmUltra Trail des Côtes d'Armor 80 km
Ultra Trail des Côtes d'Armor 80 kmUltra Trail des Côtes d'Armor 80 kmUltra Trail des Côtes d'Armor 80 km

Dimanche matin, l'ambiance est détendue jusqu'à la ligne de départ. 7h ce n'est pas non plus trop tôt et ça permet de bien dormir. Bizarrement aucune pression, juste la joie d'être là pour une nouvelle aventure. Le départ est rapide, comme souvent me direz-vous. On gagne vite les chemins pour une partie en faux plat montant, qui bascule bientôt. Plusieurs kilomètres de faux plat descendant nous conduisent à Perros-Guirec, que je suis surpris de trouver aussi vite sur le parcours. Le jour se lève, les planches du port nous emmènent à la plage de Trestrignel, puis quelques marches et la plage du Trestraou où je me baignais en famille en janvier 2015. Premier ravitaillement, arrêt court. Km 13, la cadence est soutenue.

Et c'est reparti pour l'une des plus belles sections de la journée, celle qui mène à Ploumanac'h au milieu des énormes blocs de granit roses. Monotrace sauvage bien qu'aménagé et protégé, le littoral est superbe, la mer plutôt calme et le vent présent par intermittences. A partir de la plage de St-Guirec, on commence à crapahuter un peu plus : ici du sable humide et élastique, là des algues bien glissantes, là encore du sable plus dur cette fois. Il faut bien choisir sa trajectoire sur les plages pour minimiser les efforts. Amusant. On passe plus loin les deux moulins à marée bien typiques et on poursuite en direction de l'Ile Grande tantôt à l'intérieur des terres, tantôt sur la ligne de mer. Second ravitaillement à proximité de Trégastel, très courte pause.

Le tour de l'Ile Grande - qui est en réalité une presqu'île - est un peu longuet à mon goût, d'autant plus qu'on croise en entrant les premiers qui sortent quelques 7 km devant. Pas mal de vent. J'ai ici l'impression d'être lancé sur un vrai marathon (ce qui n'est absolument pas dans mes projets), et plus le 42ème kilomètre approche, plus j'ai la sensation de courir en résistance... ce qui disparait bien vite une fois le 42ème franchi, au bout de 4h06 tout-de-même. C'est très rapide en mode trail, la force du mental...

Il est temps de s'approcher de Trébeurden, avec des sections intéressantes dans la boue, mais trop de bitûme juste après. Au ravitaillement de la plage, je croise mon ami Pascal qui en a terminé avec son premier relai. Ravitaillement un peu léger soit dit au passage, du chocolat, des oranges, des tucs et des chips ça ne suffit pas à nourrir le trailer que je suis et qui rêve de fromage, de saucisson, d'eau gazeuse, bref de choses réconfortantes et consistantes.

Ultra Trail des Côtes d'Armor 80 kmUltra Trail des Côtes d'Armor 80 kmUltra Trail des Côtes d'Armor 80 km
Ultra Trail des Côtes d'Armor 80 kmUltra Trail des Côtes d'Armor 80 kmUltra Trail des Côtes d'Armor 80 km

Maintenant on entre dans une partie plus sauvage, de la pointe de Bihit jusqu'à celle de Beg Léguer. Là c'est du trail ! Ca monte, ça descend, de beaux monotraces avec des aiguilles de pins. Je revis après tous ces kilomètres trop roulants qui, à mon grand regret, permettaient d'échanger quelques mots à peine avec son voisin sans nourrir de discussion prolongée. Je parviens même à m'égarer peu avant le ravitaillement du 70ème, je monte tout en haut du plateau et arrête une voiture pour retrouver mon chemin. 20 min de perdues et je retrouve mes congénères pour la partie finale, 5 km le long du Léguer, avec des lignes droites et plates interminables que le panorama compense en partie. Les derniers kilomètres nous font faire un joyeux yoyo en ville, empruntant les 140 marches de l'église de Lannion (plutôt sympa) et voici déjà la ligne d'arrivée.

Un joli t-shirt, une douche bien chaude (rarissime !), une galette-saucisse d'anthologie et quelques échanges avec l'ami Pascal sur son stand Scott. Une belle fin de course où je dis adieu à mes fidèles Riot dont le textile a rendu l'âme. Merci à Anthony, Bénédicte, David, Flavien, Valérie, Pascal et Pascal, et tous les autres pour votre bonne humeur !

Le bilan de cette première édition ? Ces remarques sont toutes personnelles bien sûr :

+
Les panoramas côtiers
Le parcours idéal pour un 100 bornard qui veut découvrir la course nature

-
Ravitaillements lights et pas typés trail
Pas de sensation d'être perdu dans la pampa, on est toujours sur des chemins de promenade familiale.

Et pour les chiffres : 8h37min, 100ème sur 294 partants.
Attention Un breton, ça court vite et longtemps ! ... Il faut tenir l'allure.

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :