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J6 : vendredi 9 septembre
Refuge de la Frasse - Culoz 45 km


Aujourd'hui, c'est la dernière étape de ce Jurassik Tour. C'est un peu fatigué mais le coeur ô combien léger que je l'aborde. Les gérants du refuge ont eu la gentillesse de me laisser de quoi faire un petit déjeuner matinal dans la cuisine, il est 6h quand je m'élance à la frontale à la conquête du Crêt de la Neige (1720 m).

1. L'aube majestueuse, 2. Le Mont-Blanc, 3. Crêt de la Neige 1. L'aube majestueuse, 2. Le Mont-Blanc, 3. Crêt de la Neige 1. L'aube majestueuse, 2. Le Mont-Blanc, 3. Crêt de la Neige

1. L'aube majestueuse, 2. Le Mont-Blanc, 3. Crêt de la Neige

Une petite heure de navigation nocturne suffit à me conduire tranquillement vers le sommet, où le soleil darde ses premiers rayons. Quelques animaux bougent dans l'obscurité de l'ascension, sans que je puisse réellement savoir qui ils sont. Le ciel dégagé est alors de la partie : dans mon dos, la vallée de Lélex et la Borne au Lion où je suis passé hier, devant moi le lac Léman et la chaine alpine. Le Mont-Blanc trône majestueusement au milieu, baignant dans le halo rose du petit jour. Je n'en demandais pas tant. Mer-veil-leux.

1. Sur le GR, 2. La croix du Reculet, 3. Le chemin des crêtes1. Sur le GR, 2. La croix du Reculet, 3. Le chemin des crêtes1. Sur le GR, 2. La croix du Reculet, 3. Le chemin des crêtes

1. Sur le GR, 2. La croix du Reculet, 3. Le chemin des crêtes

J'entame alors le chemin des crêtes, cap sur le sud. Et je comprends que ma progression va ralentir un tantinet en raison de la technicité des lieux : mieux vaut lever le pied que de se fouler une cheville ici, car il n'y a pas grand monde. Qu'importe, je profite de l'ambiance, de la solitude des hauteurs, et je comprends que ce chemin de crêtes va durer un bon moment.

1. Ecoute ce silence, 2. Pas une âme qui bouge, 3. Le royaume des chamois1. Ecoute ce silence, 2. Pas une âme qui bouge, 3. Le royaume des chamois1. Ecoute ce silence, 2. Pas une âme qui bouge, 3. Le royaume des chamois

1. Ecoute ce silence, 2. Pas une âme qui bouge, 3. Le royaume des chamois

Au détour d'un bloc rocheux, mon coeur sursaute d'étonnement : une trentaine de chamois me filent devant le nez, des grands et des petits. J'en verrai encore sur les kilomètres qui arrivent, c'est une vraie chance. Quelle agilité, je suis un éléphant à leur côté.

1. Une vague verte, 2. Suivons la crête, 3. Le chalet Gralet1. Une vague verte, 2. Suivons la crête, 3. Le chalet Gralet1. Une vague verte, 2. Suivons la crête, 3. Le chalet Gralet

1. Une vague verte, 2. Suivons la crête, 3. Le chalet Gralet

Je laisse le Crêt au Merle et le Crêt de Chalam à ma droite et progresse jusqu'à la croix du Reculet (1718 m). La lumière rose blanchit, il fait 12°C, parfait pour être en t-shirt avec mon petit rythme de rando-course. La ligne ondulée de la crête continue encore et encore, et voici bientôt le chalet Gralet et celui de la Poutouille, où les bivouacs ne doivent pas être désagréables.

1. Frontière suisse, 2. La cabane du Téléphone, 3. Le Grand Crêt d'Eau1. Frontière suisse, 2. La cabane du Téléphone, 3. Le Grand Crêt d'Eau1. Frontière suisse, 2. La cabane du Téléphone, 3. Le Grand Crêt d'Eau

1. Frontière suisse, 2. La cabane du Téléphone, 3. Le Grand Crêt d'Eau

Cette partie à découvert finit lorsque les résineux se rapprochent. Le serpentin du monotrace joue avec les frontières suisse et française, je peux dérouler de belles foulées. Au détour d'un carrefour, la Cabane du Téléphone est intacte, j'y entre quelques instants. Naguère l'employé qui y passait l'hiver surveillait la ligne électrique. Lorsqu'elle était trop enneigée, il appelait l'usine de production, qui coupait alors le courant pour que celui-ci fasse tomber la neige des fils armé d'une perche. Pittoresque histoire, il y a des métiers qui se perdent !

1. Au dessus de Bellegarde, 2. Dans la descente, 3. Vers Compostelle1. Au dessus de Bellegarde, 2. Dans la descente, 3. Vers Compostelle1. Au dessus de Bellegarde, 2. Dans la descente, 3. Vers Compostelle

1. Au dessus de Bellegarde, 2. Dans la descente, 3. Vers Compostelle

En arrivant plus loin au Grand Crêt d'Eau, je sens que la civilisation se rapproche : deux marcheurs me proposent des biscuits de bon coeur (serai-je un peu pâle ?), puis deux trailers m'accompagnent avant de prendre la poudre d'escampette dans la descente. Les points-de-vue lointains sont magnifiques, je distingue nettement Bellegarde-sur-Valserine en contrebas et le plateau du Retord de l'autre côté, au pied duquel se situe le point final de la GTJ. Je salue le Léman et le Bourget en attaquant la longue et raide descente sur Bellegarde. Heureusement que le terrain est sec.

1. Quand on arrive en ville, 2. Transfert en train, 3. Arrivée à Culoz1. Quand on arrive en ville, 2. Transfert en train, 3. Arrivée à Culoz1. Quand on arrive en ville, 2. Transfert en train, 3. Arrivée à Culoz

1. Quand on arrive en ville, 2. Transfert en train, 3. Arrivée à Culoz

Il est 13h lorsque j'arrive dans la vallée. Les 30 km parcourus depuis ce matin valaient bien le temps d'en profiter, j'ai en pris plein les mirettes. A Bellegarde donc, il faut opérer un choix qui semble presqu'évident : il me reste 50 kilomètres pour rejoindre Culoz par la montagne, il est 13h, le préfet vient de publier un arrêter d'interdiction de pénétrer dans le Retord (les températures chaudes générant des risques d'incendie), et la gare TGV me tend les bras... Vous auriez fait quoi vous ? Ni une ni deux, me voici dans le train qui m'emmène à Culoz, la patrie de Christophe Lemaître le véloce sprinter.

1. Sur les flancs du Grand Colombier, 2. L'arrêté préfectoral, 3. Fin de la GTJ1. Sur les flancs du Grand Colombier, 2. L'arrêté préfectoral, 3. Fin de la GTJ1. Sur les flancs du Grand Colombier, 2. L'arrêté préfectoral, 3. Fin de la GTJ

1. Sur les flancs du Grand Colombier, 2. L'arrêté préfectoral, 3. Fin de la GTJ

Je compte cependant profiter de cette dernière journée jusqu'au bout, j'entame donc une ascension partielle (et donc à contre-sens de la GTJ) vers le Grand Colombier. Je ne vais pas jusqu'en haut mais monte suffisamment pour contempler cette pointe sud du massif du Jura qui se perd dans le Rhône. J'ai bien mérité la double bière du finisher je crois !

1. Trempage des sabots, 2. Le profil de cette étape, 3. Départ de Culoz1. Trempage des sabots, 2. Le profil de cette étape, 3. Départ de Culoz1. Trempage des sabots, 2. Le profil de cette étape, 3. Départ de Culoz

1. Trempage des sabots, 2. Le profil de cette étape, 3. Départ de Culoz

Epilogue

Je suis arrivé sans rien connaître des lieux. Ces six jours de progression sur la GTJ pédestre resteront gravés longtemps dans ma mémoire. La remontée du Doubs jusqu'à sa source, le jeu avec les balises de la frontière suisse, le plateau de Mouthe, les Crêts de l'Ain, que de beaux souvenirs sur ces 360 km ! Cette période de début septembre n'était pas spécialement propice à une multitude de rencontres, cependant j'ai pu croiser des humains et des animaux avec qui la discussion - parfois non verbale - était sincère et profonde.

Le chemin de la GTJ est idéalement taillé pour la pratique de la rando-course. En effet, n'ayant pas le topoguide avec moi, je m'en suis toujours remis au balisage du terrain et ça a marché ! L'association m'a en outre bien aidé à préparer le parcours sur le papier, et j'ai même pu rencontrer Ginette et Claire sur le terrain. Je les remercie sincèrement pour leur aide et leur gentillesse. Côte logistique enfin, les gares de Montbéliard, Pontarlier, Besançon, Bellegarde et Culoz facilitent les choses pour arriver et repartir les mains presque dans les poches.

En apparté et en guise de conclusion, je me demande même si cette formule Off rando-course ne sera pas l'avenir du trail pour bon nombre de pratiquants qui ne se retrouvent plus dans le chant des sirènes de la compétition et du business... Choisissez un GR qui vous parle, découpez-le en étapes, et c'est parti... Vous me raconterez !!

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