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Si nous ne sommes que des fourmis à l’échelle de la planète, nous avons néanmoins des énergies remarquables et parfois insoupçonnées. C’est ce que je me dis à chaque fois que je me retourne sur le chemin accompli depuis le premier dossard. C’était fin 2011.

 

Pour être exact, tout a commencé en 2009 lorsqu’avec Karine, nous nous sommes élancés sur le GR65 depuis le Puy-en-Velay. Pour les apprentis randonneurs que nous étions, cette Via Podiensis en direction de Compostelle fut une véritable révélation, absolument pas religieuse mais véritablement humaine. Voyager léger en n’emportant que le strict nécessaire (au propre comme au figuré), profiter de l’instant avant qu’il ne s’échappe, vivre pleinement la relation aux autres, s’émerveiller de ces riens si précieux. Respirer. Vivre.

 

Depuis cet épisode quasi initiatique donc, j’ai investi dans une paire de running et accéléré un tantinet la foulée. D’une part cet engagement physique permet de lâcher prise plus facilement et de laisser vagabonder son esprit. D’autre part, pour être tout-à-fait honnête, ça permet de parcourir davantage de contrées dans un temps qui n’est malheureusement pas extensible.

L’humeur du jour : sur le chemin comme dans ma maison

 

Vous l’aurez donc compris, je me réjouis autant de courir avec un dossard que sans, le jour comme la nuit, l’été comme l’hiver. Et jamais ô grand jamais je ne me suis senti en insécurité ni même en difficulté sur un chemin. Car être sur le chemin c’est être comme dans sa maison. Passer d’une pièce à l’autre, croiser des âmes attentionnées, prendre le temps de vivre, accepter ce qui se présente et gérer les moments délicats… tout s’en rapproche finalement. Ainsi le verglas des monts du Lyonnais, les crêtes ventées du Pic de Bugarach, les forêts sombres des Vosges et la fournaise des Cévennes m’ont toujours paru être des milieux familiers même si les regards extérieurs les voyaient parfois comme hostiles.

 

Une nécessité tout-de-même relative à la santé et la sécurité : il demeure capital de savoir décoder les signaux de l’environnement et du corps. Ma règle d’or, que j’ai très tôt construite : « à la première alerte je redouble de vigilance, à la seconde je lève le pied sous peine que la troisième me soit fatale ». Ainsi je n’hésite jamais à marcher au lieu de courir, à m’octroyer une micro-sieste ou à prendre le temps de m’alimenter correctement. C’est clé pour arriver au bout de chaque challenge avec la forme du moment, résultante complexe d’une somme « entraînement + fatigue + soucis + appréhension + … + … ».

 

Et si le chemin est une maison, elle n’a pas de propriétaire mais seulement d’éphémères occupants qui connaissent sa valeur et sa fragilité. Nul doute que l’on s’y croise bientôt pour partager un moment ensemble !

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