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On ne va pas se mentir, ce Vulcain ne restera pas mon meilleur souvenir sportif, bien loin de là. Si c’était plutôt bien parti, le dernier tiers fut moins glorieux. Une douce cuisson, un lent naufrage. Rousti, cramé, sec comme un coup de trique !

 

Mais revenons sur cette journée à la météo exceptionnelle si tu veux bien...

Cuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 kmCuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 kmCuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 km

Avec près de 600 partants, le 73 km fait le plein tous les ans. D’autres distances viennent compléter le week-end pour que tout le monde y trouve son compte (13 km, 22 km et 47 km). J’y reviens avec quelques belles images puisqu’en 2013, j’avais vécu une édition bien enneigée. C’était alors mes débuts en trail, et tant de choses ont suivi.

Samedi 2 mars, retrait des dossards, apéro et pasta party en petit comité. De très bons moments, des rencontres et des retrouvailles dont la liste est longue et forcément pas exhaustive : Coco la tôlière du Trail du St-Jacques avec qui on se projette au lac du Charpal, Titine la bénévole au grand coeur, Gilbert (du Grand Raid 73) qui me livre le secret du poulet-frites au ravitaillement du Mont Pelat, Philippe (du Lozère Trail) avec qui on cause bivouac dans les gorges du Tarn, l’équipe vosgienne de l’Infernal Trail avec qui on se replonge à l’ermitage du Frère Joseph, Thierry dont le pain du montagnard est devenu une institution nutritionnelle (version spiruline sel de l’Himalaya, ma préférée), Nicolas et la chaleureuse équipe d’Un défi pour Zoé qui m’explique la prochaine et incroyable aventure Rouen Toulouse, Damien et l’équipe de la VVX au programme réjouissant…

Cuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 kmCuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 kmCuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 km

Dimanche 3 mars, 6 h du matin, tout le monde se rassemble gentiment sur la ligne de départ. Mon petit déjeuner fut léger pour une fois, histoire de ne pas partir le ventre lourd. Nous papotons avec Will sur les premiers kilomètres qui nous montent progressivement sur le plateau. A peine une heure de lumière artificielle avant que l’astre ne pointe derrière les arbres, c’est court. Puy de la Nugère, Puy de Jumes, Puy de la Coquille et Puy des Gouttes offrent de beaux panoramas dégagés sur la chaîne des volcans, de quoi apprécier le parcours dans sa quasi intégralité depuis les pelouses naturelles tout en haut.

Km 20 premier ravitaillement au Puy de Lemptégy, dont je conseille la visite très instructive. Une petite soupe, du pain et du fromage, une banane et ça repart. Ça roule tranquillement sur le plateau volcanique à 1000 m d’altitude. Un itinéraire de déviation passe au pied du Pariou, puis enchaîne par une longue boucle fréquentée par les joggers. De quoi bien se dégourdir les jambes. Mon œil aiguisé commence à percevoir des signes de fatigue chez les coureurs autour. Tout va bien. Je retrouve peu avant le col de Ceyssat Brigitte et Jo, mes amis bénévoles que j’avais laissé à la croix de Chamrousse l’été dernier. Halte sympathique pour tailler la causette.

Cuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 kmCuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 kmCuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 km

Au col, les familles et les accompagnateurs sont là en nombre pour encourager les sportifs dans la pente qui s’élève. Quinze virages, quinze, et ce sera la délivrance en haut. Je croise l’ami Charly qui est déjà sur le chemin de la descente, la combativité de la jeunesse. L’ascension se fait tant bien que mal avec pas mal de petits arrêts pour admirer la vue. En haut, une bise frisquette rappelle qu’on est encore en hiver et pousse à se caler au chaud dans la salle du ravitaillement. Je prends mon temps et parviens même à faire tomber mon téléphone dans les toilettes… Vision d’horreur, opération sauvetage, je m’en souviendrai de celle-là. Ô miracle, il fonctionne toujours !

 

Cette mi-course passée, voici le temps de la redescente, puis des petits chemins agréables que j’arpente seul tellement les écarts sont grands de part et d’autre. Pas mal de feuilles mortes et une température clémente, le t-shirt est de mise. Je commence à appuyer un peu sur l’accélérateur pour tester la machine, ça répond bien, je double progressivement. Passage au pied du Puy de Côme et retour à Lemptégy. Une voix me hèle dans le public… Chrystelle que je n’avais pas revue depuis plusieurs années, super ! On papote, ça fait grand bien.

Cuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 kmCuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 kmCuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 km

Fin de la séquence heureuse, maintenant je vais m’enfoncer dans un autre univers sans aucun signe annonciateur.

 

Les lignes droites commencent à tirer un peu, ça s’est normal. La montée au Puy de la Louchadière se fait tranquillement. La fatigue s’installe. Insidieusement. Sûrement. Irréversiblement. Et tout bascule… Luke Skywalker se change Dark Vador, le Grand Schtroumpf en Gargamel, et moi en ombre de moi-même. De la gare de Volvic à la ligne d’arrivée, j’erre sur les chemins : je marche même dans les descentes que j’affectionne tant d’habitude, surtout en fin de course. Je titube dans les montées, sonné au Puy de la Nugère. Je prends cher dans les cheires ! Au pied du château de Tournoël, à seulement 3 km de l’arrivée, je m’arrête 25 min au petit pont, un état entre épuisement et manque total de lucidité. Dans quel état j’erre… Will me rattrape et nous finissons de concert sur une note plus guillerette, fin du calvaire.

Cuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 kmCuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 kmCuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 km
Cuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 kmCuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 km
Cuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 kmCuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 kmCuisson à petit feu sur les cratères du Vulcain 73 km

10h24 (215ème sur 478 arrivants) me sont nécessaires pour boucler ce Vulcain, qui se prêtait pourtant à une progression rapide. Et c’était sûrement là le piège. Si je perds une heure sur la fin, ce n’est pas bien grave, ce qui est plus désagréable c’est de terminer dans le rouge. Trop de fatigue accumulée ces derniers temps, une perte de lucidité qui a entamé mon alimentation, mon grand âge peut-être aussi… En pleine réflexion pour la suite… Cela prouve qu’en trail, rien n’est jamais gagné d’avance. Chaque course remet toujours en jeu nos capacités. Et c’est rassurant car ça tord le cou à la routine. La course qui m’arrêtera existe mais je ne l’ai pas encore croisée !

 

Le point très positif, ça a été de vous retrouver tous à l’arrivée, Céline et Oliv’, Will, Damien, Hervé, Sandrine, Francky… Les rencontres, les découvertes et l’engagement physique sont assurément mon carburant, bien plus que le chronomètre et que le classement. On se dit à très vite ?

Tag(s) : #vulcain #trailrunning #courseapied
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