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Qu’a-t-on fait au monde pour qu’il rugisse de la sorte ? Coronavirus alias Covid-19… une situation inédite qui change profondément nos habitudes de vie et nos habitudes sportives a fortiori.

 

Dès le 17 mars, il a fallu rester confiné à la maison, inventer de nouveaux rituels, prendre de nouvelles respirations, rester vivant dans un monde immobilisé. Je laisse aux râleurs invétérés le soin de commenter si telle ou telle décision politique était la bonne ou pas, ce n’est pas mon propos ici. Et puis j’aime garder mon énergie pour les choses sur lesquelles j’ai la main. Non, vraiment il y a sûrement eu mille et une façons de vivre ces presque huit semaines de huis clos imposé.

 

A l’aube du déconfinement progressif qui commencera d’ici quelques jours le 11 mai, qu’ai-je donc fait dans cette faille spatio-temporelle ? Disons que par nature, j’ai besoin de temps à autre de moments de solitude et de retraite hors du tumulte de nos vies. On ne court pas un ultra-trail sur un chemin pendant quarante heures pour rien, tout comme le marin qui s’élance sur la Route du Rhum ou l’astronaute qui décolle pour la station spatiale internationale. Ermite oui (enfin parfois), hermétique non ! Les appels téléphoniques et vidéos ont chauffé à la maison pour prendre des nouvelles de la famille proche. Une nécessité pour ne pas frôler la cécité. Pour le reste, télévision, informations, internet, j’ai clairement décroché assez tôt. Des boucles très vite répétitives, lassantes voire insupportables, tout et son contraire, des discussions de comptoir, la théorie du complot…

 

Alors pendant ces huit semaines, j’ai tout d’abord et plus que jamais passé du temps avec ma tribu. Il a fallu réinventer une journée type d’école à la maison, être au four et au moulin avec le télétravail, épauler de mon mieux ma chérie Karine qui était sur le front à l’hôpital, aider notre petite Rose à vaincre ce satané virus en dix jours à peine, je peux vous dire que je n’ai pas chômé... et donc pas trop cogité. Et puis dans ce petit monde aux frontières naturelles de la maison, j’ai scié, j’ai peint, j’ai appris, j’ai bêché, j’ai planté, j’ai observé, j’ai construit, j’ai recyclé, j’ai attendu, j’ai transporté, j’ai installé. Et ces mille et une choses parfois infimes mais toujours concrètes procurent un épanouissement simple et immédiat. J’ai aussi chanté, dessiné, dansé, redécouvert des poésies, accompagné en musique et imité. Une véritable cure de jouvence dont les effets s’estompent toujours trop vite, dommage. Pour te donner une idée, outre une sortie « provisions » hebdomadaire, je ne suis sorti me promener qu’une seule et unique fois en huit semaines ! Evidemment un huis clos aussi long met parfois les nerfs à rude épreuve, mais je ne peux pas me plaindre de l’avoir vécu de la sorte. Au fait, tu as vu sur la photo comme mes cheveux ont poussé ?

Covid-19 - Bientôt le retour de l'ermite sur les chemins !

Côté sport, que dire ? Déjà le travail au jardin m’a vraiment passionné tout en me puisant une énergie folle. J’étais au grand air et me dépensais. Mais au-delà de ça, je crois être trop épris de la liberté des chemins pour aller faire le zouave dans ce fameux rayon de 1 km autour de la maison. Alors je me suis recentré sur l’essentiel accessible, ma tribu bien sûr, en laissant aux copains le privilège d’accomplir des exploits. Et je leur tire mon chapeau. J’ai noté des passions naissantes et sans faille pour le vélo d’appartement, le rameur, la nage en piscine les pieds attachés, les défis comme mettre un t-shirt en faisant les pieds au mur ou faire la chaise pendant un quart d’heure. Bref ami coureur, si tu n’as pas fait un marathon dans ton jardin ou sur ton balcon, il me semble que tu as raté ton confinement ! C’est bien sûr une boutade car je mesure l’importance de l’activité physique dans nos existences, et toutes ces digressions était sûrement une forme de réponse à la monotonie des journées. En tout cas, même si je l’avais déjà dit aux copains parfois sceptiques, j’ai pu vérifier mon absence d’addiction à la course à pied… du moins pas à n’importe laquelle.

 

Pour élargir un peu le zoom de la discussion, il faut tout-de-même souligner que dans la vie quotidienne, il était saisissant de voir les différentiels de vitesses. D’un côté certaines bourgades ont été noyées dans l’urgence du virus et du strict respect des gestes barrières. Le chômage technique et le chômage tout court ont fait des bonds spectaculaires avec des dégâts évidents dans plusieurs secteurs d’activité. Et que penser du bashing des soignants ou des joggers… Sous d’autres cieux, les traces Strava s’échangeaient sur les réseaux sociaux, les séances de télé-yoga s’enchaînaient, certains voisins se réunissaient même. Des vécus et des comportements très différents au final.

 

Dans tout cela chacun aura tenté de retrouver un équilibre salutaire, celui de la discipline sanitaire, celui du temps retrouvé malgré nous, celui du slow down dans un monde qui nous étourdit parfois. Toute une vie réorganisée autour du cercle familial proche, des plaisirs simples, de la frugalité, de la vigilance au-delà de la fébrilité. Plus que jamais, tout cela nous rappelle de saisir nos chances quand elles se présentent et à en profiter avant qu’elles ne disparaissent. Un Carpe Diem qu’Horace n’aurait pas renié. A lire de toute urgence si tu ne l’as pas fait les immenses « Vers la sobriété heureuse » de Pierre Rabhi ou encore « Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson. Cette période aura assurément marqué les esprits. Et ensuite ? Le monde sera-t-il changé durablement ? Reprendra-t-on les choses comme avant ? Et pour toi, que se passera-t-il le jour d’après ? Pour ma part, sportivement du moins, je trimballe depuis plusieurs années l’idée d’une saisons sans dossard, le moment est peut-être venu. En tout cas j’ai déjà quelques Offs de Ouf dans mon escarcelle que je sortirai très bientôt sans nul doute. Après une aussi longue coupure inutile de dire que ça va piquer, mais l’envie est bien là. Et je te poserai enfin cette question qui m’a tant manqué alors tiens-toi prêt : « Tu viens ? ».

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