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Sur un malentendu ça passe… ou comment appliquer les enseignements de l’ultra trail au vélo de route version débutant ! En commençant à pédaler en octobre 2019, je me doutais bien que je n’allais pas revêtir le maillot vert du meilleur sprinteur, ce n’est pas dans mon tempérament. En revanche j’étais curieux de voir ce que pouvait donner un effort long sur un beau parcours. Et il n’a pas fallu longtemps pour que je m’y frotte.

Ni une ni deux, après 2 sorties au-delà de 100 km qui laissaient tout-de-même présager de bonnes choses, j’ai choisi d’aller faire le zouave dans le Parc Naturel du Morvan. Le Grand 8 du Morvan se joue en 3 dimensions X/Y/Z : d’une part il s’agit de dessiner sur la carte un « 8 » autour de Château-Chinon, les coordonnées X/Y donc, et d’autre part le programme inclue quelques bosses appétissantes en terme de Z.

Le grand 8 du Morvan - 215 km en véloLe grand 8 du Morvan - 215 km en véloLe grand 8 du Morvan - 215 km en vélo

Nous sommes le 15 août 2020, il est 4h45 lorsque j’arrive dans la bourgade de Château-Chinon, moins de 2000 habitants au confins de la Nièvre. L’éclairage public est encore éteint, c’est donc dans le noir absolu que je prépare le vélo. Matériel embarqué : une petite sacoche anti-crevaison, une sacoche de guidon avec gilet, ravitaillement et téléphone, un GPS sur le guidon pour la navigation, un seul bidon de 500 ml bien suffisant avec des pleins possibles dans tous les hameaux…et une lampe frontale bien sûr.

Il est 5h lorsque je sors du bourg immobile et que les éclairages s’illuminent enfin. Je comprends assez vite que ma lampe de trail, pourtant puissante, est un peu insuffisante pour la vitesse d’un deux roues. Qu’importe il suffit d’adapter la vitesse dans la longue descente qui mène au lac de Pannecière, le plus grand du Morvan. Je traverse Chaumard et longe le lac endormi, grande masse noire qui s’étend vers un infini que je devine sous les étoiles. Je frissonne. Cap à tribord pour attaquer la montée vers Ouroux-en-Morvan, la lueur de l’aube pointe, c’est très agréable. J’arrive au village et fais une pause devant une boulangerie à l’ancienne. Il est 6h30 environ, il fait 11°C.

Je continue en direction du lac des Settons à travers les bois. La jolie petite route passe à proximité du maquis Bernard que j’avais découvert en courant en 2014 avec surprise et émotion. Ce lac pourtant touristique, je n’en verrai pas la queue car le brouillard s’invite pour danser le tango avec les rayons du soleil. Un beau spectacle matinal au demeurant. Un peu plus loin les gendarmes me saluent dans les faux plats montants qui me ramènent vers le sud. La boucle supérieure du grand 8 se dessine peu à peu…

Sur les hauteurs, le parc à sangliers annonce la grande descente sur Anost, niché dans la vallée. Km 65, je papote avec un cycliste désemparé qui a oublié son bidon et le remplace au pied levé par une bouteille d’eau. Une petite pause avant de continuer vers Athez et finalement réamorcer la courte ascension du col des Pasquelins (674 m). Arleuf est juste derrière et au terme d’une longue descente et d’une belle montée, je reviens au centre du Grand 8 à Château-Chinon. Km 85, environ 9h30, la ville s’anime et les terrasses sont pleines. La voiture m’attend sagement, je refais le plein de provisions et abandonne frontale et gilet. Mode Eté enclenché, le mercure grimpe désormais. Après la boucle nord, celle des grands lacs, il est temps d’attaquer la boucle sud, celle des sommets. Ça va cogner, et même si je suis toujours en pleine forme, j’ai bien conscience que l’échauffement est terminé !

Après avoir dévalé un bout de nationale, le parcours s’élève assez brusquement jusqu’à St-Léger-de-Fougeret. J’enclenche les petits rapports pour monter au train. Sur les hauteurs, joli panorama avec les collines à l’Est et la plaine à l’Ouest. A Onlay comme à Préporché, les vaches sont nombreuses. C’est au km 120 que j’entre dans St-Honoré-les-Bains avec une impression de ville fantôme : la station thermale très en vogue au siècle dernier est déserte, covid19 oblige, un vrai décor de cinéma à l’architecture fin XIXème dans lequel je déambule seul. J’en profite pour faire une pause à la boulangerie du village car je sais que la suite va être éprouvante.

Première ascension régulière, celle du col des Montarons. Bien content d’arriver au sommet, peut-être trop… je bascule directement dans la descente suivante sans avoir vu que mon GPS me disait de tourner à gauche. Quelques kilomètres à remonter durant lesquels je ronchonne et c’est reparti vers la Vieille Montagne, où la légende dit qu’il y aurait un oppidum sans qu’on ne l’ait jamais trouvé. Il fait bien chaud et je suis content de m’abriter dans l’ombre des forêts de chênes. Les collines commencent à être de plus en plus marquées, de beaux vallons qu’il faut descendre et monter, une campagne bucolique et profonde. Je toque çà et là à une porte de maison pour remplir mon unique bidon, et parviens au km 157 au pied du Mont Beuvray. Il y a un peu de vie humaine ce qui ne me déplaît pas. Renseignement pris, l’ascension est interdite à tous les véhicules y compris les deux roues, sous peine d’amende, ça alors ! Je me vois contraint de pousser mon vélo pour monter a pedibus, heureusement que je n’ai pas de chaussures automatiques. Le musée, les fouilles, les vestiges, tout est ici passionnant et méritera de revenir en famille.

Au sommet du Mont Beuvray, il n’y a quasiment personne, et ma pause goûter devant cette vue dégagée me requinque littéralement. La descente qui suit, face sud, est vraiment raide et pour tout dire pas franchement agréable, je suis un peu debout sur la pédale de frein. A St-Léger-sous-Beuvray, je remplis mon bidon et m’arme de courage pour attaquer la longue ascension du Haut Folin : à St-Prix la chaleur est à son comble et moi dans un état presque liquide, à Glux-en-Glenne je caresse quelques chevaux et ça continue doucement mais sûrement direction le sommet au km 183. J’y discute avec un couple dont les vélo customisés et amusants attirent l’œil. Altitude 901 m, il est temps de basculer pour une descente rythmée qui me ramène à Arleuf.

Dernier round avec une boucle au sud et une dernière bosse, je contourne Fachin par les Buteaux et je dois dire que je suis bien content de retrouver Château-Chinon au km 215. Il est 18h et cette journée touristico-sportive restera gravée dans mon esprit. Si j’ai eu bien chaud avec un mercure avoisinant les 32°C l’après-midi, je n’ai pas souffert physiquement, enfin pas trop. 215 km et plus de 4000 m de dénivelé positif, une grande et belle balade morvandelle que je recommande chaudement !

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