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Trail running et vélo. Le blog made by Jérôme Bégon... Petit éloge du mouvement sur chemins et routes : je pourrais détourner la formule de Descartes en "Je me meus donc je suis". Se dépasser, visiter, partager. Des voyages avec les autres et avec soi-même. Alors prenons la route et quittons les sentiers battus. Tu viens ?

11 Mar

Céven'Trail - Trail aux Etoiles 58 km

Publié par Jérôme Bégon

Mars ... et ça repart ! Me voici au Vigan, dans les confins cévenols du Gard pour une balade qui s'annonce belle - météo clémente au programme - bien que difficile vu le dénivelé. Le Céven'Trail propose trois distances 11 km, 21 km et 58 km. C'est sur cette dernière que je me suis engagé. Le vendredi soir, je rejoins donc le camp de base du week-end, la halle des sports du Vigan. Le programme de la soirée est convivial puisqu'il s'agit d'une rencontre avec Emmanuel Gault et Sylvaine Cussot, locaux de l'étape, pour échanger sur leur mode d'entraînement (rythme et organisation, alimentation, conseils...). J'y apprends pas mal de choses, moi pour qui la discipline n'est pas toujours au rendez-vous. Viennent ensuite l'apéro accompagné d'un excellent trio de jazz et une pasta party à base de produits locaux. Salade roquefort et noix, pâtes sauce bolognaise ou carbonara et dessert. De quoi faire le plein de sucres lents ce soir ! Je regagne pas trop tard ma chambre pour un peu de lecture et une bonne nuit de sommeil.

Le programme des festivités... 58 km et 2850 m D+

Le programme des festivités... 58 km et 2850 m D+

Samedi matin, une fois n'est pas coutume je m'accorde une grasse matinée ! Le départ étant à midi, j'en profite pour prendre un copieux petit déjeuner. Je rencontre Jean-Paul, trailer également, avec qui nous passons un bon moment à échanger sur nos expériences de course et nos projets. Je le retrouverai en mai dans les Bauges pour une autre aventure. Je bagenaude ensuite dans les rues de la ville que le marché anime sous les platanes majestueux. Il est déjà temps de se préparer et de rejoindre la halle des sports. Après un rapide briefing sur les conditions de course, le cortège des coureurs emmené par une joyeuse fanfare gagne la ligne de départ au beau milieu de la ville. Il est midi.

Préparatifs festifsPréparatifs festifsPréparatifs festifs

Préparatifs festifs

Top départ ! Le parcours passe sur le Vieux Pont, longe gentiment l'Arre jusqu'à l'historique usine Well, puis on attaque les choses sérieuses lorsque le chemin s'élève. Je garde mon rythme et entre dans ma bulle. Il n'est pas question de se griller ici, il s'agit de la mise en jambes. Paillerols, L'Arboux, Camias, je joue au yoyo, je descends et remonte jusqu'à La Rouviérette où se trouve le premier ravitaillement, km 12. Un rapide arrêt banane-coca-chocolat et je repars, je suis dans mon rythme et papote avec quelques coureurs autour de moi. Première erreur de parcours, un signaleur me rattrape in extremis pour m'indiquer le bon chemin. L'ascension se fait plus raide dans de jolis bois où les relances sont possibles. J'aperçois le sommet enneigé de la Toureille qui me tend les bras. 2h22 de course, me voici au Plan des Vieilles, les 2 km qui vont suivre sont taillés droit dans la pente jusqu'au sommet. La neige est présente au-dessus de 1000m, c'est très beau. J'arrive tant bien que mal sur le toit de la course et profite quelques instants des paysages : la méditerranée au sud, les Cévennes bleutées entourant le majestueux Mont Aigoual au nord, les plis et replis du cirque de Navacelle à portée de main. Le ravitaillement suivant n'est pas loin et annonce une portion descendante qui va durer une bonne dizaine de kilomètres dans le massif des Mourèzes. Magnifique. Ca serpente en mode hors-piste dans les forêts et les feuilles. Je fais la descente seul, doublant au passage quelques coureurs, mais gare aux glissades. Ca continue ensuite sur un beau sentier où je déroule assez facilement. J'y laisse des forces, je le paierai un peu plus tard mais ne le sais pas encore. Aulas au 32ème kilomètre est un ravitaillement bienvenu, j'y remarque des organismes déjà usés, ça me surprend. Arrêt rapide.

Ascension de la Toureille (1253 m)Ascension de la Toureille (1253 m)Ascension de la Toureille (1253 m)

Ascension de la Toureille (1253 m)

Et c'est le début des ennuis : plus de force dans cette ascension de 10 km qui pointe le bout de son nez. Mental, gentil mental, es-tu là ? ... silence ... Je progresse à petit rythme, je m'alimente, l'essentiel est de ne pas s'arrêter. Nous passons par le village de Mars, drôle de planète. Je me fais doubler et redoubler, qu'importe. La santé va peu à peu revenir, c'est le côté inexplicable de ce type de course. Cette ascension de la Fageole a beau être comme je les aime, petit monotrace serpentant çà et là, je n'en profite pas comme je devrais. Ce n'est qu'en basculant dans la descente vers Bez que tous les voyants reviennent au vert. 18h30 j'allume ma frontale car mieux vaut ne pas lésiner avec la sécurité dans les sous-bois sombres. Je ferai une belle chute sur les fesses sans gravité, juste l'occasion d'emporter dans mes doigts quelques souvenirs des bogues de chataigne ! Bez, km 42, nuit noire, fromage, coca et pain d'épices. J'attaque la dernière difficulté seul, c'est un sentiment grisant que d'être ainsi plongé dans l'outre-noir, des yeux brillent ça et là, de temps en temps je dépasse un coureur. Les dix derniers kilomètres se feront sur un rythme endiablé, comme souvent en fin de parcours. Je jubile dans la descente très technique mais pas trop pentue qui mène à Molière, c'est un terrain de jeu géant où je gambade de pierre en pierre. Enfin je lâche presque définitivement la terre pour un final d'enfer à 12 km/h (si si je vous assure, après 8h de course c'est une foulée de Formule 1 !). Je reprendrai ansi les places perdues dans mon passage à vide.

Manu Gault, Pascal Giguet et Patrice Marmet sur le podiumManu Gault, Pascal Giguet et Patrice Marmet sur le podiumManu Gault, Pascal Giguet et Patrice Marmet sur le podium

Manu Gault, Pascal Giguet et Patrice Marmet sur le podium

L'arrivée dans la halle des sports est joyeuse, très satisfait de cette belle aventure. Bilan : 8h56min, 113ème sur 297 partants et 243 arrivants. Douche, repas d'après-course avec soupe à l'oignon doux du Vigan, échanges sympathiques avec les compagnons d'échappée du jour. L'organisation était parfaite pour un tarif défiant toute concurrence et une convivialité préservée en limitant le nombre de participants. Bravo, je reviendrai.

NB : un ultra de 104 km est prévu pour 2015 avec passage par le Cirque de Navacelle...

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N
Rien de mieux que le Trail pour découvrir nos belles régions. Beau récit ca donne envie de conquérir les etoiles
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R
Merci pour ce magnifique récit et je me souviens avoir fait un petit bout de chemin ensemble et échangé quelques mots ;-) très beau souvenir pour moi aussi ...
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J
Effectivement Roxane je me souviens de quelqu'un qui m'a déposé au km 42 en haut du col de la Fageole lorsque je commençais à peine à reprendre des couleurs ;-) A bientôt sur une prochaine balade !
I
je te suis grace à ce blog, je rêve des parcours que tu décris si bien, merci de me faire partager et de me donner toutes ses infos pour des cours's furures. Isa la copine des coureurs de fondettes. Pour moi le prochain rendez vous ce sera l'Ardéchoise. Vivement!!!!!!
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J
Merci Isa pour ce sympathique retour. Bonne prépa pour ta prochaine aventure en terres ardéchoises !
M
ouahhhhh<br /> Que c'est magnifiquement raconté !!!! et que ça donne envie !!! seul au monde, perdu dans les cevennes, dans la nuit noire avec pour seul signe de vie ces quelques yeux brillant autour de toi... ca doit être à la fois magique et flippant !!!! en tout cas bravo, car apparemment tu en as bavé mais on sent dans ton récit que tu as aimé, apprécié. Il se dégage même une certaine plénitude... bien contagieuse à la lecture.... J'ai juste envie de lâcher mon ordi, quitter mon bureau, et partir crapahuter.. mais ouh là là je m'agare et dois reprendre le sens réel de ma journée... dur dur.....<br /> Merci Jérôme pour toutes ces émotions que tu nous fais partager et espère pouvoir un jour connaitre de telles sensations....<br /> Marie
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J
Marie, il ne faut pas faire de commentaire comme celui... ça me pousse à continuer (la course et les récits !). Allez à très vite pour la prochaine sortie !

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