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Trail running et vélo. Le blog made by Jérôme Bégon... Petit éloge du mouvement sur chemins et routes : je pourrais détourner la formule de Descartes en "Je me meus donc je suis". Se dépasser, visiter, partager. Des voyages avec les autres et avec soi-même. Alors prenons la route et quittons les sentiers battus. Tu viens ?

22 Sep

Infernal Trail des Vosges 164 km

Publié par Jérôme Bégon

On n'aborde pas un 100 miles comme on part sur un 100 km... Je l'ai appris sur cette belle course qu'est l'Infernal Trail des Vosges... Bienvenue donc dans la quatrième dimension ! Je ne puis vous compter heure par heure mon avancée sous peine de vous endormir durablement. Je préfère partager ici les enseignements que j'en retire.

Infernal Trail des Vosges 164 kmInfernal Trail des Vosges 164 kmInfernal Trail des Vosges 164 km
Infernal Trail des Vosges 164 kmInfernal Trail des Vosges 164 kmInfernal Trail des Vosges 164 km

Un 100 miles, ça se compte d'abord en nuits passées dehors. Deux en l'occurence, à batifoler au beau milieu des forêts et à crapahuter parfois hors piste, en enjambant des troncs de pins au sol. Ma-gi-que cet appel du noir, je redoutais en particulier la seconde nuit, je l'ai passée seul d'un bout à l'autre. Ma-gi-que je vous dis. J'ai croisé des salamandres en veux-tu en voilà, la famille Grenouille traversant le chemin sans prévenir, des oiseaux bruyants que je dérangeais manifestement, et même un groupe de coureurs qui pensaient être perdus, mais finalement pas après vérification de la position GPS auprès de l'organisation.

Un 100 miles, ça se joue dans les jambes mais surtout dans la tête. En principe, tous les participants ont des aptitudes physiques laissant présager qu'ils peuvent boucler le parcours sans trop de bobos. Normal. Pour ma part, je n'ai jamais ressenti de douleur musculaire par exemple. Mais c'est à l'intérieur que se fait toute la différence. Je m'explique. Qui n'a pas eu un coup de mou en bas de la huitième ascension du jour ? Qui ne s'est pas dit "je reste sous la couverture" après avoir somnolé sur la chaise du ravitaillement de La Croisette au km 113 ? Qui n'a pas posé son séant dans l'herbe en pleine nuit pour une micro-sieste improvisée ? Il fallait surmonter tout cela et jouer à la pensée positive, celle qui vous requinque quand vous êtes au plus bas, celle qui vous rend le sourire et vous fait parfois monter les larmes, celle qui fait que vous êtes toujours en course quand ça commence à caler sérieusement autour de vous !

Un 100 miles, ça se vit de l'intérieur. Un voyage en soi et avec les autres. Ici, j'ai été frappé par le silence religieux de la première nuit. Je crois que les langues ont commencé à se délier au petit jour, après tout-de-même sept heures de course. J'ai ainsi fait la connaissance de Franck, sympathique coureur du cru, dans la descente sur Le Syndicat. Durs les 36 km du départ, et même les 60 premiers menant à Chèvre Roche et au Haut du Tôt. Je ne m'attendais pas à un départ si musclé, infernal je confirme. Néanmoins, les grandes portions de solitude ont toujours laissé place à la joie de croiser ou retrouver un coureur ici ou là. Evidemment, ce n'était pas la foule de l'UTMB ou des championnats de France du Sancy, mais tant mieux car c'est aussi le charme de l'épreuve. Bref il faut à la fois aimer être seul et aimer la compagnie, le fil du parcours étant un fragile équilibre entre les deux.

Infernal Trail des Vosges 164 kmInfernal Trail des Vosges 164 kmInfernal Trail des Vosges 164 km
Infernal Trail des Vosges 164 kmInfernal Trail des Vosges 164 kmInfernal Trail des Vosges 164 km

Un 100 miles, c'est empreint d'émotions et même d'hallucinations, diurnes comme nocturnes. Avais-je la berlue ? Je peux vous jurer que je me suis approché à pas lents d'un lièvre qui bougeait ses oreilles au milieu du chemin... pour m'apercevoir au dernier moment qu'il sagissait d'une souche bien immobile. J'ai vu également bon nombre de branches au sol déguisées en bouteilles en verre. Et le temps d'une observation, je suis même devenu spécialiste des constellations étoilées, le trigone du bélier en Neptune ayant attiré toute mon admiration !

Un 100 miles, ça se fait en gérant au mieux son sommeil et son alimentation. J'ai ainsi dormi deux fois 30 minutes à Rupt et Girmont, plus quelques siestes improvisées ça et là, de jour comme de nuit. J'octroie avec plaisir une mention spéciale à celle de 5 minutes dans le jardin de Bernadette en Haut du Tôt, au beau milieu des plantes aromatiques. L'alimentation fut extrêment simple : comme d'habitude au-delà de 10 heures de course, le sucré a laissé place au salé, avec à chacunes des bases de vie des soupes et surtout deux bonnes assiettes de pâtes, tomate, gruyère et jambon. Ca vous remet en selle illico !! Je dois avouer ici que j'ai en vain cherché un yahourt à boire à la vanille pendant toute la seconde moitié de course, un doux rêve qui m'a poursuivi un bon moment. Les noix de cajou et autres tranches de saucisson ont néanmoins bien nourri le coureur !

Un 100 miles, enfin, ça se réussit pleinement quand la bienveillance des bénévoles et la compagnie des coureurs vous portent vers l'avant. Plus de 500 bénévoles avec ce niveau de service, je n'avais jamais vu cela. A la descente du train en gare de St-Nabord, au beau milieu de la nuit sur les ravitaillements, au détour d'un chemin sous la pluie, toute l'équipe à l'unisson était à l'écoute des forçats de la montagne. Imaginez le grand luxe, les repas étaient même servis à table, et une personne surveillait le réveil des coureurs aux bases de vie ! Quant aux kilomètres que j'ai pu faire accompagné, ils furent fort agréable, merci à Franck, Ahmed, Rafion, Rémi et tous les autres !

Infernal Trail des Vosges 164 kmInfernal Trail des Vosges 164 kmInfernal Trail des Vosges 164 km
Infernal Trail des Vosges 164 kmInfernal Trail des Vosges 164 km



Un 100 miles, pour finir, c'est une belle aventure qui ne se fait pas sans le soutien de son entourage, alors merci à tous les encouragements que j'ai pu recevoir et plus spécialement ceux de mes trois piliers qui se reconnaîtront. Pour les chiffres du jour : 38h23min de course, 230 partants, 128 finishers, 84ème.

Un 100 miles, c'est quand des gens ordinaires font des choses extra-ordinaires...

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S
Bonjour et félicitation pour cette perf ;-) je viens de finir la diagonale des fous, c était mon premier ultra après 10 mois d entraînements... <br /> Je compte m inscrire pour l infernal des Vosges mais j ai l impression qu il est plus dur que la diago, non ? Je trouve les barrières horaires très serrées...
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J
Merci C pour ton commentaire. Effectivement l'Infernal risque fortement de changer de figure avec le changement intégral du bureau organisateur. On sait ce qu'on perd, pas ce qu'on gagne, mais soyons optimistes même si le 160 km disparaît et que les 110 km et 220 km ne verront pas le jour.
C
Perso, j'ai fait l'infernal en 2014 et la diag en 2015... Pour l'infernal j ai mis moins de 24h pour la diag plus de 35h (OK j'ai pris le départ blessé mais même)... Je me suis inscrit complètement à l'arrache sur l'infernal juste après avoir bouclé la transalpine (5 jours plus tôt...) Bref l'infernal est un gros morceau c'est sûr, mais la diagonale est une dimension au dessus. De toutes facons au vue des problèmes avec l'orga la course risque d'être très différente et c'est bien dommage parce que perso j'en garde un excellent souvenir. Je m'étais dis de faire les 220k qui était en cours de programmation... on attendra pour voir.. Pour ca pour une histoire de gros sous...
J
Bonjour Stéf. Plus dur ou moins dur ue la Réunion, ça je n'en sais fichtrement rien. C'est tellement dépendant des sensations et de la Ryan de forme du moment. Perso je n'ai aucun plan de préparation, d'accord je fais des kilomètres mais la tête c'est la moitié du chemin, vraiment. Attention en 2016, le 160 km des Vosges disparaît au profit d'un 110 km et d'un... 220 km ! Quelle que soit la distance, beaux parcours et organisation au top. Merci pour ton message et plein de joie au fil des kilomètres.
A
Bon article bien construit et bravo pour la performance, bien que randonneur, je ne le ferai pas !<br /> Bonne continuation en montagne et sur le net
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I
Merci de nous faire partager les émotions et les impressions de cette fabuleuse aventure.
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A
moi je dis respect et c'est des personnes comme vous qu'on aime... je me prépare pour l'année prochaine
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J
Bonjour Adrien et merci ! Attention car l'année prochaine le 160 km disparaît au profit d'un 110 km et d'un 220 km. Fais le bon choix.
M
Chiche !!!!!<br /> Et quand tu compteras nos aventures tu m'en feras "héroïne" ?????<br /> A moins que ce ne soit toi qui aies besoin d'en prendre (de l'héroïne) pour me supporter !!!!!!
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F
Merci Jérome pour ce récit. Le petit bout de chemin passé ensemble ce premier matin fait pour moi parti des beaux moments de cette grande balade à travers la nature et à travers soi. Je te souhaite de vivre de pareilles sensations lors de ton allé-retour entre Lyon et Saint-Etienne.
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J
Ce fut un grand plaisir Franck, même si nous nous sommes quelque peu égarés en discutant. Je partagerai les prochaines sorties sans problème.
R
C'est presque chez moi..... Superbe à n'en pas douter...
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L
Magnifique récit, l' impression de ressentir ta course
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P
Très beau récit. Je l'ai moi même vécu en tant que suiveur pour ce 160... N'ayant pas la prétention de faire autant ma course a été plus courte. Mais assister mes amis coureurs a été une expérience hors du commun. Bravo à toi Finisher du 160 !
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J
Et bien tu as raison, les assistants ont un grand rôle à jouer sur ce genre de balade... Perso je n'en avais pas mais celles et ceux que j'ai pu croiser régulièrement redonnent la pêche, c'est indéniable !
M
Tu viens d'ouvrir une porte sur un monde inconnu !!!<br /> Mais tu arrives à me "téléporter".<br /> Tes récits se présentent comme une anthologie d'histoires fantastiques, étranges, énigmatiques... Leur finalité arrive à me "frapper", me "choquer", par la chute toujours inattendue, surprenante et singulière.<br /> Chaque épreuve étant vécue comme indépendante de la précédente.<br /> Toute la tension contenue dans ton histoire, son atmosphère, tout le rythme de la "mise en scène" m'ont plongé dans la "4ème dimension" et tout ça sans effets spéciaux !!!!<br /> Tu es trop fort Jérôme !!!!!!!
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J
Ah ah Marie... allez je t'emmène sur un prochain trail !!
C
Enfin un coureur qui comprend le besoin impératif de trouver un yaourt à boire sur un ultra... Ne pouvant m'en passer, je les congèle et les glisse dans le sac d'allégement pour les retrouver à la base de vie : une motivation de plus pour y arriver !
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J
Merci Charly pour cette astuce gourmande !

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