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Trail running et vélo. Le blog made by Jérôme Bégon... Petit éloge du mouvement sur chemins et routes : je pourrais détourner la formule de Descartes en "Je me meus donc je suis". Se dépasser, visiter, partager. Des voyages avec les autres et avec soi-même. Alors prenons la route et quittons les sentiers battus. Tu viens ?

12 May

L'échappée andalouse : ... 960 km qui finissent là !

Publié par Jérôme Bégon

Lundi 6 mai : Gibraltar - Antequera 181 km

Après une bonne nuit de sommeil, le vent du large me fait reprendre la route. Bye bye la grande bleue, direction les montagnes. Au détour de la pause petit déjeuner, je rencontre Gorjup, un sympathique cycliste polonais. On fait quelques dizaines de kilomètres ensemble le long du Río Hozgarganta, puis à Marchenilla, je prends la poudre d’escampette sur une piste qui marque le début de 20 km d’ascension.

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La région est très agricole, avec des haciendas comme dans Zorro. Des ouvriers m’offrent des oranges cueillies sur l’arbre en guise de ravitaillement surprise. Parfait. Je rejoins un peu plus haut la route qui mettra à l’épreuve mes jambes pour la suite. De jolis lacets me mènent tout d’abord à Gaucín, puis à Algatocín et Benadalid. Ces villages perchés se sont adaptés à la pente du terrain avec des rues étroites et sinueuses, et de superbes belvédères sur les vallées voisines. Le blanc immaculé des façades tranche brutalement avec le verts des chênes lièges et le bleu du ciel. C’est magnifique. Au loin, des espaces déserts et minéraux se dessinent, se rapprochent, puis m’absorbent tout entier jusqu’au Puerto Encinas Borrachas. Altitude 1000 m. Jubilatoire

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Dix kilomètres d’une descente effrénée me conduisent à Ronda, belle, inattendue, flamboyante… La ville est coupée en deux par une gorge profonde où coule le río Guadalevín. Je la franchis par le Puente Nuevo, laissant au sud la Ciudad, gagnant au nord le Mercadillo. A Ronda s’entremêlent intimement des vestiges romains et islamiques (théâtre, bains…), et une ville modernisée depuis sa reconquête par les rois catholiques. La tauromachie occupe une place d’importance, mais ce que je retiens est cette splendide architecture arabo-andalouse, qui montre qu’une histoire tourmentée aux racines différentes peut tout-de-même mener à un monde apaisé. Je médite.

L'échappée andalouse : ... 960 km qui finissent là !
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Je continue sur un plateau à 700 m d’altitude, et je retrouve une mer d’oliviers. Ma fatigue me fait trouver cela un peu plus monotone. Au hasard d’une pause, je remarque que les bandes de roulement de mes pneus (des Michelin Power Road 28 pas mal malmenés !) commencent à se décoller de leurs carcasses. Autant dire que ça peut me stopper à tout moment. Cuevas del Becerro, Huertas y Montes et son château perché, Campillos… Villages pittoresques trouvés au gré d’une descente de 20 km. J’arrive à Antequera à l’heure du diner, et je trouve un bar qui m’accueille dans son arrière-salle au milieu de la population locale. Spectacle garanti.

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Mardi 7 mai : Antequera - Granada 116 km

Objectif du jour : trouver un vélociste pour changer mes pneus avant qu’ils ne m’éclatent à la figure. Un programme c’est fait pour être ajusté n’est-ce pas ? Me voici donc parti de bonne heure pour profiter d’un brin de fraicheur. Halte petit déjeuner à Archidona, churros chocolat chaud. Parfait pour prendre des forces et attaquer les belles collines qui suivent. C’est vallonné juste ce qu’il faut, et au hasard d’une réfection de route juste avant Río Frío, je colmate ma bande de roulement au bitume chaud. Toute une technique. A Loja je bascule dans la vallée du Río Genil, avec toujours des oliviers à perte de vue, et des villages qui annoncent progressivement la grande ville de Grenade.

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Je vois pour la première fois la Sierra Nevada enneigée. Ça et là, je traverse des ilots de fraicheur dans de petites zones de reforestation. Ca fait du bien. Les seuls commerces ouverts en plein après-midi sont, comme souvent, les stations-services. J’arrive donc à Grenade en début d’après-midi et je confie ma monture aux excellents techniciens de Nevada Bike. En une heure mes pneus sont changés et je décide de profiter de la ville pour le reste de la journée. Une auberge de jeunesse trouvée à la volée, et une visite à pied de la cité andalouse. Joyau de l’architecture mauresque, je profite de l’Alhambra devants les contreforts enneigés depuis la colline du quartier juif d’Albaicín. Quelques heures de repos pour préparer la dernière journée. Le temps s’arrête.

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Mercredi 8 mai : Granada - Jaén 114 km

Dernier jour de mon périple andalous, aujourd’hui je remonte vers le nord en profitant au maximum Après quelques kilomètres à plat, je retourne dans les montagnes pour gagner Colomera, village tout en pente. Je dévalise l’épicerie comme il se doit. Je poursuis ma route vers Noalejo dans un désert agricole. 1100 m d’altitude, pas une âme qui vive, en début d’après-midi c’est l’heure espagnole. Je me restaure au troquet du coin à Campillo de Arenas : morue et morcilla. C’est un peu décousu mais tout bonnement délicieux.

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Mon tracé serpente ensuite sur des petites routes croisant ici et là l’autoroute. Je discute avec Robert, un trailer polonais croisé par hasard, et m’enfonce un peu plus dans le désert. Finalement en milieu d’après-midi je rejoins Jaén avec une belle montée jusqu’au centre-ville, que je prolonge jusqu’au Castillo de San Catalina. L’ascension abrupte et le panorama à 360° me coupent le souffle. Je profite de ces dernières heures ibériques pour déambuler en ville, visiter la cathédrale et les fantastiques bains maures, et faire quelques emplettes. Demain matin je replie mon vélo et remonte dans l’autocar qui me ramène en France.

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Conclusion : je ne parle pas mieux espagnol qu’au départ mais j’ai vécu six jours d’une richesse sans nom. 960 km, 5 jours de vélo, des paysages, une histoire, un mélange culturel, le soleil, la gastronomie… mille et une raisons de revenir ici tôt ou tard. C’est sûr.

L'échappée andalouse : ... 960 km qui finissent là !
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J
Faudra documenter "colmater la bande de roulement au bitume chaud"... Cela peut en intéresser plus d'un.e.... Moi en premier...
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